Malek HOUD: “L’espoir est permis quand culturellement tout bouge”

Malek Houd : «L’espoir est permis quand culturellement tout bouge» Malek Houd est natif des Ath Mlikech (Bgayet), marié, père de trois garçons, âgé de 53 ans, enseignant de tamazight depuis 1995 dans une école primaire de Tazmalt où il réside. Il compose des poèmes depuis les années 70. Ces derniers temps, il s’est mis aux nouvelles, Malek Houd est aussi cruciverbiste (il totalise plus de 500 grilles de mots croisés en kabyle). Sollicité, il a aimablement accepté de nous entretenir de sa passion pour la muse. Le Courrier d’Algérie : Votre première publication s’intitule “Asirem Yessaramen”. Qu’évoquet- elle justement ?Malek Houd En qualité de ma première publication à compte d’auteur éditée par les éditions Baghdadi (Alger) est un recueil de poésie intitulé « Asirem yessaramen » dont la plupart des poèmes ont été écrits durant les années 80. Il est partagé en chapitres où chacun d’eux traite d’un thème comme la revendication identitaire, la liberté d’expression, l’amour, la solitude, hommages rendus aux ! artistes imazighens disparus. Votre deuxième publication s’intitule « “Tamacahut n udrar aberkan” ». Pouvez-vous nous parler de cette oeuvre ?La deuxième publication est un conte classique kabyle édité toujours par Baghdadi. Elle porte le titre de: « Tamacahut n udrar aberkan », comporte de beaux dessins d’enfants. Cet ouvrage a été financé par l’association n Imazighen de Bruxelles présidée par Cherif Hamdis, que je remercie beaucoup pour tout ce qu’il fait chaque jour pour tamazight, et qui édite la revue Tiziri qui publie régulièrement mes travaux littéraires (poèmes, nouvelles, mots croisés sur la dernière page?). En 2009 les éditions «Tira” n Bgayet ont édité la traduction, que vous avez effectuée, du long poème de Smaïl Aït Djaffar: «Complainte ………et de la petite Yasmina tuée par son père. Pouvez-vous nous parler de ce poème ?En 2009 les éditions Tira de Brahim Tazaghart ont édité la traduction du long poème du grand poète Smaïl Aït Djaffar « Complainte des mend! iants Arabes de la Qasba et de la petite Yasmina tuée par son ! père ». En 1949, à Alger, l’auteur a assisté à une scène terrible qui l’a marqué profondément: les Algériens souffraient de famine, Ahmed Khouni, tel un cadavre vivant déambulait une rue avec sa fille qu’il tenait à la main, au passage d’un grand camion il projeta sa fille sous les roues du camion qui l’écrabouilla, elle mourra ainsi vite au lieu de mourir à petits feux de?faim. Le hasard a fait que le poète Djaffar soit présent et n’a rien perdu du spectacle horrible, et le poème ne s’est pas fait prier, il est sorti tout seul des tripes de Djaffar pour étaler toute la misère et les souffrances endurées par les Algériens. Il accuse la France coloniale à travers son roi Charlemagne auquel il reproche son bien-être et celui de ses enfants alors que les Algériens, décimés par la famine sont des moins que rien. Où en est actuellement la poésie kabyle ?La poésie kabyle se porte bien contrairement à la chanson qui a sombré dans la facilité où le gain facile empêche la chanson à ! texte, qui a porté la revendication identitaire au firmament, de reprendre les premiers rôles. Mais la bonne poésie existe toujours, il y a des poètes qui innovent et créent ainsi de nouvelles formes de poèmes, malheureusement ils tapissent dans l’ombre et sont méconnus. Étant donné que les Kabyles sont de culture orale, pensez-vous que l’écriture puisse faire passer le message ?C’est juste de dire que notre culture est surtout orale mais rassurez-vous, la société change et évolue positivement. Presque 16 ans que tamazight est enseignée, c’est l’âge de l’adolescence, on se construit pour mûrir et ainsi devenir adulte jaloux de sa culture. Comparativement à quelques années passées, où le champ culturel ressemblait à une peau de chagrin, actuellement ce vide est comblé par la parution de romans, de nouvelles, de recueils de poésie, d’oeuvres traduites, on joue des pièces de théâtre, on crée des films en kabyle, qui l’eut cru ? L’espoir est permis quand culturellement tout bou! ge. Quels sont les poètes et les auteurs qui vous inspirent souvent ?Il! s sont nombreux les poètes et écrivains français, je ne citerais que quelques uns, il y a Baudelaire, Lamartine (j’ai traduis en kabyle son poème «Souvenir-Asmekti»), tous les auteurs Algériens écrivant en français: Feraoun, Mammeri, Djaout, Kateb Yacine et bien sûr nos poètes et romanciers: Ben Mohamed, Aït Menguellat, Rachid Alliche, Salem Zenia ; Amar Mezdad, Brahim Tazaghart sans omettre Mouhend u Yahia qui m’a beaucoup influencé quand j’écoutais ses cassettes durant les moments durs que nous avons vécus en Algérie. Pensez-vous que la poésie en particulier, et la culture en général, subissent un délaissement par le peuple ?Oui et non. Quand on sait les problèmes d’ordre économique que les Algériens rencontrent chaque jour, il y’a lieu de se dire qu’il devient presque impossible de trouver un moment à consacrer à l’écriture et à la création mais, chose étonnante, c’est la désolation quasi quotidienne qui nous inspire et stimule la création littéraire kabyle. La culture n! e peut être délaissée par son peuple au risque de disparaître un jour. On imagine que vous rencontrez des problèmes, comme toute personne qui essaie de lutter à sa manière. Parlez-nous de ces problèmes ?Des problèmes il y en a eut toujours et il y en aura encore puisque la volonté politique chez ceux qui nous gouvernent n’existe toujours pas. Quand tamazight ne sera plus un problème politique et qu’elle sera traitée de la même façon que l’arabe et pourquoi pas mieux pour rattraper l’immense retard dans lequel on l’a engouffrée délibérément, c’est à ce moment là que nous serons vraiment une nation unie sinon ce n’est que du khorti. Un message pour les gens qui luttent chaque jour pour la prospérité de notre culture?Parleznous un peu de vos projets futurs ?Ceux qui sont préoccupés par le sort réservé à leur culture n’ont pas besoin qu’on leur rappelle ce qu’il y a lieu de faire chaque jour que dieu fait ; ils sont conscients de la chose et leur devise doit être la réponse qu’! a donnée le chien à l’os quand il lui a dit: «Je suis un os !» (Donc du! r) et le chien de lui répondre: «Je n’ai pas d’autre chose à faire que de m’occuper de toi». Quant à mes projets, j’attends la parution de mon premier recueil de nouvelles qui porte le titre de Timsirin n yidh» (Les cours du soir) aux éditions Tira, Un deuxième recueil de poésie «Tilelli ur telli » (Il n’y'a point de liberté) aux éditions SEFRABER et un recueil de contes «Timucuha d tem_ayin» que j’ai remis aux éditions du HCA. J’ai aussi ouvert un blog en kabyle où je fais découvrir aux internautes ce que je fais dans le domaine littéraire. Un mot pour conclure ! Pour conclure je dirais que cela fait longtemps que je ne me suis pas entretenu avec un journal, alors je remercie votre quotidien qui m’a donné l’occasion de m’exprimer librement. Je vous salue bien.

6 réponses à Malek HOUD: “L’espoir est permis quand culturellement tout bouge”

  1. Karim Kherbouche dit :

    Azul a Malek,
    Tanemmirt imi yi-d-tefkiḍ tiririt ɣef tuttra-w. Nudaɣ-d ɣef udlis n Kamal Bouɛmara, ur t-ufiɣ ara. Ma tessneḍ anda zemreɣ ad t-afeɣ, ini-yi-d. Ablug-a yelha nezzeh, ama deg wayen yerzan tahuska-s, ama deg wayen yerzan imagraden yella deg-s. Tifesna i tesmerseḍ tecbeḥ, ahat ad tili d Georgia, neɣ ala?

    Ferḥeɣ aṭas imi d-ufiɣ tameddurṭ-inek da, dɣa d anect-a i yi-d-yewwin ɣer leblug-a-inek! Nniɣ-ak-d aya maca werɛad ɣriɣ imagraden iqdimen.

    Ssarameɣ ma yehwa-ak ad ak-xedmeɣ tadiwennit deg wacu ara d-nemmeslay ɣef tmedyazt-inek akked d tin n teqbaylit sumata. Aya “l’site”-inu umi semmaɣ http://www.legrainmagique.com. Ssarameɣ ad d-rnuɣ ɣer “l’site”-a imagraden ɣef uselmed n tutlayt tamaziɣt.

    Dɣa ma yella temgadaḍ yid-i, efk-iyi tiririt, ad ak-d-azneɣ kra n tuttriwin. Hatta tansa-w: kaliarim@yahoo.fr

    Tanemmirt ay ameddakel.

  2. Karim Kherbouche dit :

    Rriɣ-ak-in da acku mmugreɣ-d ugur iwakken ad aruɣ tiririt deg umagrad “tameddurt n Malek Houd.
    Ar tufat ay ameddakel.

  3. Karim dit :

    Rriɣ-ak-in da acku mmugreɣ-d ugur iwakken ad aruɣ tiririt deg umagrad “tameddurt n Malek Houd.
    Ar tufat ay ameddakel.

  4. Azul a malek
    Ad ak-rẓeɣ aqerru-k i tikkelt-nniḍen a Malek. Riɣ ad ayi-temleḍ amek ttgen tasleḍt n tefyirt yeddsen (la phrase complèxe) d wawalen i nsemmras iwakken ad d-nemmeslay ɣef tesleḍt-a. s wawalen-nniḍen, riɣ ad issineɣ amek i sen-qqaren i wawalen-a. Ad ak-iniɣ tidet aql-i la ttḥerkileɣ iwakken ad d-uɣaleɣ ɣer uselmed n tmaziɣt; ur zmireɣ ara ad sseɣreɣ ayen-niḍen, xaqeɣ ɣef tmaziɣt-nni… Hatni wawalen ttnadiɣ:
    juxtaposition:
    coordination:
    subordination:
    proposition principale:
    proposition subordonnée:
    phrase simple:
    phrase complexe:
    -CC de temps :
    -CC de manière :
    –CC de lieu :
    - -CC de cause :
    -CC de moyen :
    -CC de comparaison :
    - CC de but :
    - CC de conséquence :
    - CC de concession :
    -CC de condition :
    - CC de quantité :
    …..
    Ar tufat
    S tegmat

  5. Your house is valueble for me. Thanks!…

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